Etait ce réellement cela que vous vouliez lire ? Si oui, je vous encourage à continuer, si non, je vous encourage quand même à continuer. Car qu'est ce qu'un professeur sans élèves ? Et bien justement, les élèves, ils arrivent.
Jusque là, la cafétéria n'était pas trop occupée, du moins, pas trop occupée par rapport aux heures de pointe, le midi, les récréations, et les heures désagréables durant lesquelles cet havre de paix et encombré de fonctionnaires administratifs ou bien d'autres professeurs qui parlent pédagogie, syndicats, ou mesures, réformes...Jérôme était un professeur particulier. Il ne pouvait pas encadrer ses collègues.
Sauf la jolie Kyôzura, naturellement.
Mais elle, c'est pas pareil. Il regardait dans le vide, en râlant encore et toujours contre lui même, en pensant que sa solitude n'était dut qu'à son comportement légèrement misanthrope, désintéressé –par paresse, mais désintéressé quand même. Il rageait contre sa conscience. Et quand un homme de trente ans commence à s'engueuler mentalement, la narratrice commence sérieusement à se demander comment son héros va finir à soixante... ans, naturellement.
Soudain une bande de jeunes un peu fous de vouloir manger à onze heure quinze vint s'installer. Un d'eux alla commander la nourriture pour les autres. Une bande aux membres hétéroclites, assez différents les uns des autres.
Et là encore, Jérôme rallait. « Ce qu'ils sont bruyants ces ados quand ils s'y mettent à plusieurs » lança-t-il à mi voix, sans avoir aperçue qu'une jeune fille du groupe intrus s'était plantée en face de lui. « c'est justement pour cela que je viens vous proposer de participer à notre boucan ! » sourit-elle franchement, quoiqu'un peu naïve. « Mais je suis prof » lâcha-t-il comme rempart de défense dors et déjà obsolète. « Prof ne signifie pas pouilleux. Et ce n'est pas parce que nous sommes jeunes que nous ne pouvons pas communiquer avec sa majesté CAPESsée ! » elle rit un moment avec elle même sûrement. Jérôme restait séché. Une force mystique supérieure avait elle entendue son appel de besoin de société ? Son appel désespéré de compagnie du genre humain, en ayant pris en compte sa rage envers ses collègues, ses stupides collègues ? Croyant que ce drôle de monsieur tout seul faisait son timide, elle tendit sa main droite et raide sous son nez en disant fort « Mon prénom est Kalween. Quel est le vôtre ? », il la regarda un moment, stupéfait « Jérôme... » Elle attrapa une mèche de cheveux bruns bouclés et l'enroula savamment lui et tous ses compagnons cheveux autour d'une grande baguette qu'elle sembla enfoncer dans son crane pour en faire un chignon. Tout ça à une seule main. Elle sourit. « Alors Jé', tu viens manger avec nous où tu préfères la compagnie de ton ami imaginaire ? –Je viens, acheva-t-il. ».
Après s'être installé à leurs côtés, il se rendit compte qu'en réalité, le distinguo entre élèves et professeurs était trop mince pour être réellement être un facteur de discrimination entre les uns et les autres. Tous avaient un cartable. Elèves, et professeurs. Tous avaient un portable. Tous parlaient de politique. Tous parlaient de tout, et souvent de rien. Mais avec les ados, c'était complètement différent.
Ce qui dans la bouche d'un diplômé passait pour cataclysmique, dans la bouche d'un ado, c'était relatif et les ados avec qui il mangeait aimé énormément le mot relatif. La dite Kalween, la seule dont il avait retenu le nom, s'adressa à un de ces compagnons boutonneux (bien qu'elle même ne souffrait pas d'acné purulent), « Alors, Cali, ça va avec Carole ? »
Et celui auquel elle s'adressait, eu le loisir de dire à son tour « Tout est relatif » il y eut un rire général « Nous t'avions prévenu que c'était une idiote ! » l'intéressé eu un sourire en coin et dit « oui mais enfin, vous ne savez pas ce que vous loupez » il fit un geste étrange évoquant sûrement des rapports sexuels. Kalween se retourna vers Jérôme « Et vous alors, les histoires d'amour chez les grands, c'est comment ? » il eu un rire doux « Un peu comme chez vous, sauf que nous sommes beaucoup plus hypocrites entre nous ».
Un autre adolescent continua, son nom était Mathieu, « Actuellement vous avez une femme ? –Non, je me suis séparé d'une prétendante il y a quelques mois, avoua-t-il du bout des lèvres. Il fut surpris d'avoir moins de mal à se confesser à eux qu'aux autres adultes. Le même Mathieu revint à la charge –Kalween aussi est seule, vous pourriez faire un beau couple !
Et alors que le trentenaire commençait vaguement à ressentir le besoin de leur faire une piqûre de rappel des textes de lois, Kalween eut un rire et brisa des rêves inconscients « Je ne vais pas coucher avec un homme plus vieux que moi de deux fois mon âge, voyons ! » elle était en terminale L... et elle n'avait que quinze ans.
En cours de retouches!