Je ne savais pas comment le dire, je ne savais pas comment l'écrire. Mais je savais que je le devais. Je savais qu'il fallait que mon crime soit confessé, comment, pourquoi, je ne sais pas. J'ai longtemps pensé sur la portée de mes mots crime, confession, mais ce sont bien ceux-ci qu'il faut utiliser dans mon cas. Cette histoire est passée par plusieurs stades, un roman de ma vie, dédié à mon frère jumeau, ou bien une succession de lettres à ma bien aimée. Je ne savais pas.
C'est ainsi que j'en suis arrivé à cette conclusion. Certes, il faut que ma confession soit publique mais pour ne mentir à personne, pour ne trahir aucune âme qui m'est chère ou bien précieuse, je dois d'abord clarifier la chose avec moi-même. Alors voilà. Aujourd'hui, jour du 6 mars 2008, j'ai acheté à la papeterie près du collège un cahier.
Il est bleu, il est grand, il fait cent quatre vingt seize pages.
Ça ne sera pas vraiment un journal.
Ça ne sera pas non plus les Confessions de Rousseau, mais, voilà.
Ce sera moi, mon livre à moi. Le seul tabloïd dont je serais un jour le héros, le seul film dans lequel je serais acteur, réalisateur, producteur et cadreur, le seul procès où je serais volontairement d'un acte dévoué et bénévole, le principal coupable. A vous, ceux qui lisent ou qui justement m'évite, d'endosser les rôles de juges, procureur, jurés.
Je n'en ai rien à faire.
Je suis déjà mutilé à mort.
Alors vu que je ne suis pas de ces gens qui pensent qu'un avocat soit utile.
Il faut que je vous conte les faits, n'est ce pas ?
Alors soit, je vais vous les raconter.
Depuis la source du problème.
C'était il y a quelques années, je suis allé chercher mon nouveau passeport. Dessus il y avait toute ma vie.
Vincent de Fenesti, 22 ans, un mètre soixante dix huit, signe distinctif : porte des lunettes.
Ma victime m'avait dit un jour, son traditionnel sourire aux lèvres : Tu as les yeux du diable.
Pour contrer ça, ou plutôt pour cacher ça, car je le savais bien avant qu'elle ne me le rappelle, je porte des lunettes. Utiles, cependant. Je regardais donc cet élément de paperasse stupide. Qui devait me servir à partir dans une région outre frontalière, alias, m'exiler le plus loin possible, j'allais enseigner à Berlin. Mon rêve de toujours.
J'ai les cheveux longs, et noirs, mais ça, ça n'est pas marqué parce que bon, les cheveux c'est périssable, surtout chez les hommes.
Mais ce qui m'a marqué, ce que sur le passeport, il n'y avait pas marquer l'essentiel.
Mon essentiel à moi.
A savoir que : J'étais Prof. A l'époque.
Je le suis toujours, mais je suis un mauvais professeur à présent.
J'étais donc aller chercher le passeport, pour partir d'ici un an, peut être deux, je n'étais pas bien décidé encore, vous savez, j'avais encore l'esprit embrumé par cette sensation de douceur.
Je rentrai chez moi. Et je rangeai donc, le passeport, dans mon classeur à « paperasse officiel ».
Ensuite, j'attrapai ma sacoche de prof, mon manteau de prof, j'étais déjà enlisé dans la profession que j'adorais, et je me rendis dans le collège privé dans lequel j'enseignais. Le Collège Jeanne d'Arc.
La concierge en me voyant descendre me dit juste « Alors, on va voir ses petites collégiennes ?
-...oui. Il y a aussi beaucoup de collégiens à Jeanne d'Arc.
-Les collégiennes portent des jupes.
-Les collégiens portent des pantalons. C'est du pareil au même.
-Pour quelles raisons, un jeune homme irait enseigner dans un collège privé qui impose les uniformes si ce n'est pour regarder les petites collégiennes ?
-Pour exactement les mêmes qui poussent une concierge vieille et grincheuse à mettre dans une situation fortement embarrassante un bailleur fidèle. »
Voilà, être prof, c'est aussi ça. Vous êtes un pervers c'est bien connu. Mais je n'en voulu pas beaucoup à madame Roy, qui portait un nom très loin de sa réalité car en fait, s'il y a un prof pervers en France, ne chercher pas plus loin pour le connaître. Vous avez sous vos yeux son intime procès.
J'entrai en classe, les élèves étaient déjà assis, près à recevoir les paperasses qui sont si caractéristiques des débuts d'années. Je faisais l'appel.
Et là, la porte s'ouvrir, le directeur arriva avec une élève par l'épaule.
« Nous avons une arrivante de dernière minute, monsieur Fenesti, elle s'appelle Angi Von Leidemann, elle est mi-américaine, mi-allemande. Elle ne savait pas que la rentrée était aujourd'hui elle est arrivée hier, puis il se tourna vers mes élèves, dites bonjour à Angi.
-Bonjour Angi. »
Alcooliques anonymes bonjour...
Angi était belle à première vue. Belle, c'était un petit mot, en fait. C'était un mannequin de seize piges. Qui avait redoublé de part ses déménagements constants.
D'autre part, le directeur avait dit monsieur Fenesti, inutile que je lutte pour ma particule DE Fenesti parce que de toutes façons, on ne mord pas la main qui vous nourrit...
... ou qui vous paye.
Il recommença.
« Au revoir monsieur Fenesti.
-Au revoir, bonne journée monsieur Fenesti. »
Et ce fût tout. Je remarquai que tous les garçons de ma classe étaient subitement en transe, sauf un seul, Vendetta.
M'enfin lui, c'était un cas.
Donc nous commencions le cours, normalement car oui... J'étais prof.
Donc vous allez le voir, mais je vous préviens, du prélude au chapitre un, le Héros change de nom, et l'héroine aussi, il me faut donc modifier le prélude, qui n'est pas un prologue mais une introduction au style de l'histoire.
Vous allez aussi voir que contrairement à ce que cet extrait laisse pensé, l'histoire ne sera pas toute écrite à la première personne.
Vincent De Fenesti (deviens) Jérôme De Fenesti
Angi (deviens) Kalween.
Considérez l'histoire et sa progression comme bonne sans ses deux éléments, en cours de retouche.